Puits artésiens

Ce projet s’est terminé en 2012, remplacé par la collecte de l’eau de pluie au Centre IPAMEC.

De plus, les différents puits mis en place entre 2007 et 2012 se sont progressivement taris ou dégradés, de sorte que la qualité de l’eau n’était plus au rendez-vous. Voyez la situation en ce mois d’août 2019 via le Projet Citerne.

Malgré des forages réalisés par l’UNICEF et par la Coopération Technique Belge (CTB) , on n’a pas trouvé de nappe phréatique exploitable sur le site de Cibombo et la seule source d’eau est la rivière NZABA située à 3,5 kms au sud de Cibombo.  Avant 2007, la population de Cibombo y recueillait son eau de consommation, là-même où les bêtes s’abreuvaient, où les femmes lavaient le linge et où les gens se lavaient ou se baignaient.  Il était sans dire que la qualité de cette eau boueuse était plus que douteuse pour la santé des gens.

Depuis 2007, IPAMEC a construit plus de 21 puits Artésiens le long de la rivière Nzaba.  Coût pour 1 puits = 680 €.

Ces puits fonctionnent suivant le schéma ci-dessous :  Trois trous sont creusés dans le sol jusqu’à 2 mètres de profondeur.  On y introduit deux fûts en plastique de 300 litres dont le fond du second a été enlevé et on les superpose.  Celui du bas est percé de multiples petits trous.  Ils sont ensuite remplis de couches alternées de sable, de gravier et de charbon de bois afin de filtrer et assainir l’eau.  Une maçonnerie protège le tout.  Chacun des trois puits est relié par des conduites en PVC à un bac d’accumulation en bloc de béton (situé un peu plus bas que les trois puits artésiens) d’où sortent deux petits tuyaux permettant à l’eau de s’écouler librement vers l’extérieur.  Le débit est de l’ordre de 5 litres par minute. Le fait que l’eau s’écoule en permanence empêche la prolifération des bactéries dans les bacs d’accumulation. L’eau produite a fait l’objet d’analyse ici en Belgique et s’avère parfaitement potable.  (Voir photos ci-dessus et aussi Galerie-Photos Album Puits Artésiens).

A cause de la configuration des lieux, les puits ne peuvent être creusés que de l’autre côté de la rivière (au sud) par rapport à Cibombo, et dès lors, la population doit traverser la rivière pour accéder aux puits. Des jeunes du village ont maintenant créé un petit pont de bambous afin de transporter plus facilement les bidons d’eau et les matériaux pour construire les puits. Après cela, il faut encore transporter les bidons en plastique jusqu’à Cibombo (3,5 kms) à pied ou à vélo.  Ci-dessous, une vue générale de la rivière et la file d’attente pour recueillir l’eau potable d’un des puits construits par IPAMEC.  Auriez-vous imaginé que chaque personne sur ces photos va faire7 kms aller-retour avec un ou deux bidons de 20 litres d’eau !!!  Il est bon de savoir que ces puits servent aussi de points d’eau de secours pour les habitants de Mbujimayi (10 kms), car le manque d’électricité dû au manque de pétrole empêche durant 3/4 du temps d’alimenter les pompes qui nourrissent les réserves d’eau de Mbujimayi.  Cela provoque dès lors quelques conflits avec les habitants de Cibombo.

Voici la construction suivant le plan ci-dessous d’un réseau de trois puits reliés à un bac d’accumulation déversant l’eau potable par deux tuyaux.

Il faut d’abord transporter les tonneaux achetés à Mbujimayi et les amener vers le site choisi près de la rivière Nzaba.  Deux tonneaux sont ensuite assemblés l’un à l’autre et percés de multiples petits trous, enfouis dans le sol à une profondeur de deux mètres, remplis de couches alternées de sable, gravier et charbon de bois, protégés par une maçonnerie et canalisés par tuyaux en PVC vers un bac d’accumulation d’où l’eau s’écoule librement vers l’extérieur à raison de cinq litres à la minute.

La nature argilo-sableuse du sol dans cette région fait que l’érosion due aux pluies de la saison des pluies (8 mois sur 12) emporte une grande quantité de sable et d’argile, tant et si bien que les fondations de ces puits doivent être régulièrement consolidées.  Ci-dessous un exemple de ces consolidations :  L’expression « Don : A la source de Kiki » en jargon local signifie « La source de tout le monde » !

Champs de Soja de 20 hectares

La précarité de la situation des populations de Cibombo rend difficile la nutrition des enfants. Plus de 20% des enfants de moins de 6 ans sont atteint de kwashiorkor ; c’est un stade poussé de la malnutrition (manque de protéïnes) où la mort devient imminente.  Le présent projet s’inscrit dans le cadre des efforts de prise en charge nutritionnelle. La famille d’un enfant sous-alimenté est elle-même impliquée dans le processus de production des nutriments protéiques comme le soja.  IPAMEC a déjà un Centre de Nutrition qui prend 678 enfants sous alimentés en charge.  Il sera ravitaillé alors par les récoltes de soja des champs dans lesquels les parents de Cibombo travaillent. De plus, les familles suivent une formation en transformation alimentaire dans des sessions organisées tous les mercredis au Centre IPAMEC. (Voir aussi : Plantation de Moringa :  La réponse d’IPAMEC à la sous-alimentation des enfants.)

Tout comme pour les champs de Maïs, l’impact sur l’environnement est nul, puisqu’il n’y a pas d’usage d’engrais.  La main-d’oeuvre est locale et un seul agronome IPAMEC assure bénévolement le suivi des travaux.  Plutôt que d’encourager une exploitation mécanisée (tracteurs, etc.), IPAMEC s’appuie sur des techniques maîtrisées par la population elle-même : l’usage de la houe et autres outils aratoires manuels. La distribution des houes permet aussi de nous assurer de la responsabilisation directe individuelle sur l’outil. On évite du coup un surinvestissement  sur le poste infrastructure.

Champs de Maïs de 20 Hectares

Dans le Kasaï, le maïs est la céréale principalement consommée. Et son importance en terme d’apport énergétique n’est plus à démontrer. Ce projet cherche à promouvoir une production conséquente en encourageant des débuts de coopératives agricoles.  IPAMEC souhaiterait réaliser quatre objectifs dans le cadre de ce projet :

  • Mettre au travail le plus de monde possible en systématisant la culture technique du maïs graine. Ceci aurait pour conséquence d’épargner aux habitants l’aller-retour de 21 km vers la ville de Mbujimayi pour le ravitaillement.
  • Permettre une croissance du revenu du panier des ménagères. 
  • Augmenter le pouvoir d’achat des ménages.
  • Soutenir une politique alimentaire équilibrée.

D’une part, ce volet culture a pour premier marché le village de Cibombo.  D’autre part, l’apport énergétique du maïs contribue à l’équilibre du bol alimentaire et permet de lutter contre la malnutrition.  Nous avons déjà amorcé cette initiative sur 2 Ha et voudrions la porter à 20 Ha.  Dans ce contexte, la coopérative permettrait d’augmenter les rendements agricoles.  Les effets bénéfiques des cultures se répercuteront donc directement sur les familles propriétaires des parcelles. 

Concernant la gestion intégrée des cultures, le projet, de part sa taille, n’exerce pas de pression significative sur l’environnement.  Il n’y a pas usage d’engrais chimique et la quantité d’eau prélevée vient principalement de l’apport pluviométrique naturel. Il n’y a donc aucun  risque de pollution de la nappe.

Concernant la capacité locale de répondre aux besoins d’exploitation et de maintenance, la méthode de travail d’IPAMEC se définit par l’apport humain qui reste à charge entière de la coopérative locale.  Il s’agit, dans ce cas, de la préparation du lit de semis et la surveillance des travaux. Un seul agronome IPAMEC assure bénévolement le suivi des travaux.

IPAMEC n’impose pas de mécanisation agricole.  Le meilleur outil n’est-il pas celui que les familles elles-mêmes savent manipuler ?  La distribution des  houes pour labourer le sol part de ce principe. Il permet aussi de nous assurer de la responsabilisation directe individuelle sur l’outil. On supprime par ailleurs toute dépense future de réparation quelconque.

La carence des produits agricoles est un problème général dans le Kasaï Oriental. Le maïs étant acheminé en partie par avion ou par train en provenance du Katanga coûte trop cher à la population pauvre.  C’est pourquoi nous espérons vivement que cette solution de culture de maïs séduira non seulement la population de Cibombo, mais aussi celles des autres villages alentours, qui pour la plupart connaissent le même problème.